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Glossaire anglo-saxon

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Origine et datation

Le Glossaire est supposé présent à Moyenmoutier dès le Moyen âge. Une hypothèse peut être émise quant à sa présence en lien avec la création à Moyenmoutier de la première école de grammaire d’Europe dès 985, l’existence de la bibliothèque serait attestée en 950.

Il aurait été rédigé par un Anglais et copié en Angleterre à la fin du VIIe siècle ou dans la première moitié du VIIIe siècle. A.-K. Brown le date de 734. Mais de nombreux éléments laissent supposer d’une date de rédaction encore plus ancienne : le manuscrit aurait plus de 1 200 ans. Lowe souligne l’écriture rappelant la calligraphie northumbrienne. Il a été réalisé par un copiste unique car il présente une très grande unité d’écriture.

Le Glossaire d’Epinal est l’un des plus anciens témoignages de langue anglaise et l’un des plus longs. Il appartient au même corpus de glossaires que le Glossaire d’Erfurt, ce dernier étant daté de la fin du VIIIe siècle ou du début du IXe siècle, peut-être à partir d’une copie intermédiaire. A.-K. Brown fait remonter les deux glossaires à un ancêtre commun qui aurait été rédigé dans les années 670-680 mais qui n'a pas été retrouvé à ce jour.

Description

Le manuscrit se compose de 14 feuillets de parchemin constituant deux cahiers. Les feuillets sont disposés fleur contre fleur puis chair contre chair

Les feuillets ont été réglés après le pliage avec de simples ficelles nouées et des pointes dans les deux bords; piqûres et réglures sont visibles sur plusieurs folios et typiques des premiers manuscrits insulaires. Le support est un vélin ou un parchemin, peut-être de mouton.

Le Glossaire est organisé selon l’ordre alphabétique à raison de six colonnes de 38 lignes pour le premier cahier, 37 lignes sur le folio 97, 39 lignes pour le second cahier. Trois des colonnes sont des mots souches, trois des interprétations. Il se présente donc en un ensemble de colonnes dont la première est une forme latine, à laquelle répondent soit un synonyme en latin, soit une périphrase en latin, soit un terme en anglais. C’est précisément cette dernière colonne qui donne au Glossaire d’Epinal toute sa valeur : un témoignage exceptionnel et unique de la langue d’une époque fort ancienne.

Il présente 3 200 inscriptions dont un quart à un tiers en vieil anglais. A l'origine, il devait comporter environ 4 000 termes. Deux cahiers sont aujourd’hui incomplets – manquent les lettres D et E et la fin du Glossaire. On trouve 950 mots anglo-saxons.
La seule ponctuation utilisée est le point. Le manuscrit ne comporte pas de décoration, l’initiale du mot commençant une nouvelle série est une lettre plus grande – une capitale - quelquefois suivie d’une ou deux lettres plus larges. L’écriture est caractéristique des tout premiers manuscrits insulaires. Son extrême sobriété est aussi émouvante que son grand âge.

Le Glossaire d’Epinal est un document majeur pour l’étude de la langue anglaise dans ses formes les plus anciennes. Il a tout d’abord été présenté comme un glossaire servant à l’explication des mots obscurs de la Bible. Les études plus approfondies du corpus de mots ont mis en évidence, dès le XIXe siècle, un lexique bien plus diversifié présentant « quelques-unes des expressions barbares qui s’étaient introduites dans la basse-latinité, ainsi qu’une foule de termes peu usités, appartenant à l’antiquité païenne ». Au fil de la lecture du Glossaire, le lecteur croisera donc l’explication de termes issus de la Bible mais verra aussi se dessiner sous ses yeux un monde ancien et quotidien à travers les mots provenant de la nature – la faune et la flore sont très représentées – ou bien des mots illustrant la vie quotidienne, comme la maternité.

Témoignage exceptionnel des formes du vieil anglais, le Glossaire d’Epinal a été étudié et continue à être étudié par les linguistes. Les études s’attachant à son histoire comme à son usage sont néanmoins peu nombreuses et traduisent des hypothèses dont celle d’un recueil intentionnellement portatif ou un dépôt de matière pour la composition de glossaires plus organisés ou plus spécialisés.


Bibliographie sélective


Le Glossaire d’Epinal a été restauré en 2008 par les ateliers de la BnF, Bibliothèque nationale de France, la Fondation François Pinault-Palazzo Grassi, Venise - a financé cette restauration. La numérisation a été offerte par la BnF et la mise en ligne du manuscrit numérisé a été réalisée gracieusement par la société Arkhenûm.